lundi, juin 11, 2018
Concours IHC 2009
Ce concours est ouvert à tous les élèves de 3eme année des Ecoles d'Horlogerie et Centres d'apprentissage de l'industrie horlogère en Suisse, ainsi qu'aux élèves de Lange Uhren GmbH et ceux qui font leur apprentissage dans des ateliers privés.
Réalisation et mise en valeur d'un système remplaçant le cliquet de rochet sur le mouvement 6497-1 6 écoles 'horlogerie, 10 centres d'apprentissage de l'industrie horlogère ainsi que 10 ateliers privés ont répondu favorablement à l'invitation et 78 travaux ont été pris en considération par le jury.
Jean-Michel PIGUET Conservateur adjoint du (Président du Jury) Musée International d'Horlogerie MIH La Chaux-de-Fonds Le Concours IHC est ouvert aux jeunes apprentis avec une limite d'âge fixée à 25 ans révolus. La durée des travaux est de 32 heures réparties sur 2 semaines. La dimension maximale hors système ne doit pas dépasser un rayon de 30,00 mm à partir du centre du mouvement. L'épaisseur hors mouvement et travaux ne doit pas dépasser 15 mm.
Le choix des matériaux pour la réalisation du système de cliquet est libre. Le système doit permettre d'armer et de désarmer le ressort de barillet.
Il est possible de travailler sur les deux côtés du mouvement (ponts et platine). Le mouvement doit fonctionner. Le décor du système de cliquet peut-être mat, poli, peint, laqué, décoré, ou avoir subi un traitement thermique manuel (pas de galvanoplastie).
Les participants ont la possibilité d'utiliser une perceuse et un tour uniquement pour le tournage, le perlage et le perçage. L'utilisation du tour pour le fraisage, d'une fraiseuse ou d'une machine à pointer est strictement interdit. Pour la réalisation du système aux niveaux esthétique et fonctionnel, les composants horlogers (mouvement et habillage) sont autorisés. Tout autre composant devra être réalisé par le participant.
Le nettoyage et le remontage du mouvement ne sont pas compris dans les 32 heures de travail.
De très jeune marque confidentielle cantonnée à une collection conceptuelle de « montres de golf », peu connue et molle, Romain Jérôme apparaît brusquement en pleine lumière par effet de rupture radical des canons horlogers en vigueur et des codes régissant une industrie conservatrice.
Exploitation maximale de la provocation et des clins d’œil, produits extrêmes joués sur la partition du « one shot » avec tout ce que cela implique en termes d’un cycle de vie du produit condamné à être très court, de tension permanente et par conséquent d’indispensable renouvellement de l’effet de surprise….
Indépendamment des créations de la marque signées Yvan Arpa – qui relèvent des goûts et des couleurs personnels, de la personnalité du pilote et des raisons présidant à l’éjection de l’équipe Romain Jérôme, il convient de prendre de la distance et d’élargir le propos.
Le moins qu’on puisse remarquer est que le cas de cette marque est exemplaire et très illustratif de cette vague qualifiée de « nouvelle horlogerie » sortie du chapeau au cours des 10 dernières années.
La fin de la décennie précédente consacre l’avènement de nouvelles marques sur la scène horlogère, François-Paul Journe en étant l’un des tout premiers, rapidement suivi par Richard Mille et quelques dizaines d’autres dans les premières années du nouveau millénaire.
La question à laquelle elles doivent répondre est relativement simple : comment, émerger lorsqu’elle n’a pas de passé à faire valoir ni d’histoire sur laquelle s’appuyer, dans un marché super-concurrentiel ?
Avec le recul, on constate que toute la palette des cas de figure a été exploitée. De l’argumentaire manufacturier bidon au bureau ne recensant qu’une personne et demie avec un fax, de la valeur ajoutée réelle à l’écran de fumée, d’un concept globalement très bien défini à la volonté réelle d’innover, le registre a été décliné sous toutes les coutures. Dans de nombreux cas, l’excès formel a constitué l’option retenue avec le lancement de pièces parfois plus proches de la quincaillerie que de l’objet « horloger » suscitant cette émotion si particulière que lui confère la perception de la pérennité.
La démarche a ainsi permis à des marques parfaitement inconnues - et ne disposant (comparativement aux majors) que de peu de moyens - de s’imposer très rapidement sur la scène d’un marché horloger âprement disputé et fortement encombré de marques dites légitimes, poids lourds indépendants ou marques intégrées à un groupe.
Le design, au fond, a permis de pallier à l’inexistence d’une histoire, ou d’une tradition, ou des deux même si ces valeurs ne sont plus aujourd’hui la clé essentielle et incontournable pour accéder au marché. Il est quelques jeunes et récentes marques dont l’offre produit vaut à tous points de vue les meilleurs du panel « historique ».
Il n’en demeure pas moins que la quête formelle acharnée additionnée de tourbillons verticaux ficelés vite fait sur le gaz et jouant du mode « plus fort est l’effet de rupture, plus intense sera le buzz et plus rapide sera mon accès aux vitrines des détaillants » a tout de même laissé apparaître des exercices de style creux, sans valeur ajoutée et au fond sans intérêt.
A l’exception peut-être du fait que cette tendance a aiguillonné quelques-unes parmi les sociétés établies de longue date, qui tentent enfin timidement de prendre le virage de l’innovation, sur la forme et dans le contenu. Car rien n’est figé, l’horlogerie évolue de même que les goûts d’une clientèle parfois lassée de discours récurrents, qu’ils soient quinquagénaires ou tricentenaires.
Quoi qu’il en soit, l’ère des OVNI et des seules amplifications formelles comme facteur de différenciation semble révolu, hormis quelques rarissimes cas générant de la réelle valeur ajoutée et une authentique démarche créative. A l’autre extrême, un François-Paul Journe a démontré avec talent qu’a contrario, la voie du classicisme rigoureux peut être pour une nouvelle marque synonyme d’innovation.
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Janvier-Journe, les résonances de l’histoire...
Ce que François-Paul Journe a réussi à clore, en terme de génie horloger et dans un format qui sied au poignet, c’est un travail sur la résonance entamé deux cents ans plus tôt par un certain Antide Janvier.
Donc, François-Paul Journe, doigt d’or de ‘l’inventé et réalisé’ (“invenit et fecit”), non content d’être l’unique maître-horloger actuel d’une complication rare, la résonance, et de repousser ainsi les frontières de la précision mécanique, devient également l’heureux propriétaire d’une des trois pièces signées Antide Janvier (1751-1835) fonctionnant en grandeur murale, selon ce principe physique. Une autre atterrira au Musée Patek, lors de la même vente, tandis que la troisième, plus simple de conception, n’a aucune raison de déménager du Musée Paul Dupuy à Toulouse.
S’il l’on ajoute à ces trois oeuvres les deux régulateurs à résonance, l’un réalisé pour Louis XVIII et l’autre, visible à Buckingham Palace, pour Georges IV, signés par un Abraham-Louis Breguet sexagénaire s’inspirant vers 1815 des travaux de Janvier, François-Paul Journe rejoint un cercle restreint de cinq possesseurs triés. Il en est le seul privé.
La résonance? Je me tourne vers Jean-Claude Nicolet, un ‘professeur Tournesol’ de l’Horlogerie, premier prix Gaïa, artisan savant auteur de nombreuses prouesses techniques. De sa Chaux-de-Fonds enneigée où sa paisible retraite croule sous les pièces compliquées, il me rapporte une explication d’Anthony Randall, un physicien devenu horloger grâce à un apprentissage d’horlogerie dans les Montagnes Neuchâteloises.
"Prenez un manche à balai que vous enfoncez solidement dans le sol, de façon verticale. Fixez à son extrémité supérieure, perpendiculairement, une mince planche. Vous vous trouvez en face d’un “T”, le plus symétrique possible. De chaque côté, suspendez un seau, de poids identique, rempli d’une même quantité de liquide. Tirez alors vers vous les deux seaux et lâchez-les en même temps. Ils se balanceront de façon parallèle. Il vous faudra beaucoup de poigne pour maintenir vertical votre axe de manche à balai. Celui-ci fléchira ostensiblement sous la pression. Soudain, au terme d’une courte attente, vos deux seaux se mettront à se balancer harmonieusement de façon simultanée, en alternance. Alors, jamais un ne dépassera ou ne rattrapera l’autre. Il ne vous faudra dès lors plus que deux doigt et un moindre effort pour maintenir votre axe vertical."
En d’autres termes, chaque objet émet et reçoit. Lorsqu’un mouvement de montre fonctionne, la matière qui le compose est sujette à agressions: ses forces en mouvement infligent aux pièces qui le composent de multiples pressions. Accoler à ce mouvement un autre mouvement, le plus jumeau possible, libère l’ensemble du mécanisme de pressions inutiles et débouche donc sur un gain de précision. L’un se cale sur le rythme de l’autre et vice-versa. Pas de ‘siamoiseries’ du genre deux cerveaux pour un tronc...! Non, juste une juxtaposition qui, le jeu des émissions-réceptions aidant, au fil des alternances ainsi “imbriquées”, permet à la construction mécanique une performance accrue.
La résonance a ses revers, dans le registre des fléaux: ainsi, avant la traversée d’un pont, une troupe de soldats, pour éviter qu’il ne s’effondre s’arrête de marcher au pas. Ou continue, s’il s’agit de des murailles de Jéricho? Ainsi, la coque livrée à une mer mouvante, quelque soit son tonnage, peut-elle être embarquée dans une spirale amplificatrice qui la fera tanguer jusqu’au naufrage. Les musiciens d’un orchestre classique soignent particulièrement leur configuration. Car telle note vibrante pourra, par interférence, se loger dans les caisses de résonance des instruments environnants.
Lorsque j’arrive à ses ateliers manufacturiers rue de la Synagogue à Genève, François-Paul Journe est en blouse de travail, comme à son habitude. Dans la salle de conférence, le précieux régulateur Janvier se love encore dans ses multiples protections. Un menuisier du quartier -qui lui offrira son nouveau socle, s’extasie devant le bois séculaire. Journe, lui, commente: “Janvier a tout fait pour anéantir l’effet acoustique de la caisse et pour éviter que le mouvement ne lui transmette ses vibrations. Elle est bâtie en fonte.” Ainsi, après deux siècles, cette merveille historique rejoint un intérieur digne. Elle y confronte ses secrets aux solutions modernes de celui qui, avant 1990, rêvait d’apprivoiser ce phénomène, s’y essayait déjà, pour l’installer au poignet d’un garde-temps souverain. Et quels que soient les usages qu’il en fera, n’y voyez aucun opportunisme communicateur. Juste une envie de partage, un legs de savoir...
De mon côté, sans que Journe ne s’en émeuve, j’en caresse les applications poétiques. L’âme soeur, l’éternelle recherche: un être si semblable, si autonome, si distinct, que sa simple présence, impérieusement indispensable, ingénieusement organisée, réduirait les tensions de la vie, m’éloignerait précisément des pressions existentielles. Avec ce surplus de sérénité et d’accomplissement de soi, au travers de l’autre...
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Anciennes pendules Japonaises
L'histoire des débuts de l'industrie horlogère japonaise est intéressante à divers titres, mais particulièrement au point de vue du système de computation du temps en usage dans le Japon d'autrefois et par la valeur artistique et l'intérêt historique des anciennes pendules japonaises.
Après la révolution de 1867, qui marqua la fin du pouvoir civil du shogounat des Tokougawa (1), le Japon passa sous l'influence occidentale. L'heure et le calendrier européens entrèrent en vigueur le ler janvier 1873. Ainsi, la totalité des pendules et garde-temps japonais furent périmés d'un seul coup et tombèrent aux mains d'amateurs de curiosités et d'acheteurs européens et américains. Pour les remplacer, le Japon importa d'Europe des pendules et des montres
1) Famille japonaise dont l'un des plus illustres représantants. lyeyasu, au début du XVIIe siècle, s'empara du shogounat (ou régence) que ses descendants conservèrent jusqu'en 1868, dace de la restauration impériale. Les Tokougawa donnèrent ainsi au Japon ses quinze derniers shogouns. - Réd.
Disons premièrement quelques mots de la mesure du temps durant l'ère des Tokougawa. La méthode en usage était d'origine chinoise et comportait deux systèmes horaires.
L'un était le système équinoxial ou système horaire original chinois, et était utilisé par les astronomes japonais.
L'autre était le système de l'heure civile, telle que fournie par les pendules utilisées par la société japonaise durant la période des Tokougawa. Il faut veiller à ne pas confondre ces deux systèmes. L'un est indiqué sur les cinq cercles extérieurs du cadran (fig. 1), et l'autre sur les quatre cercles intérieurs. Le cercle extérieur indique l'heure européenne, midi se trouvant en haut et minuit en bas. Le second cercle donne l'heure équinoxiale japonaise, qui commence par l'heure du Rat. Ici le signe du zodiaque représente le milieu de la période horaire, ainsi, l'heure du Rat commence à 11 h. du soir et finit à 1 heure du matin, pour faire place à l'heure du Taureau. Fig. 1. Tableau comparatif des deux systèmes horaires en usage dans le Japon ancien.Le cercle extérieur indique l'heure équinoxiale, tandis que le cercle intérieur donne l'heure civile ou heure courante.
Une heure équinoxiale japonaise équivaut à deux heures occidentales, l'heure équinoxiale n'étant pas de longueur variable. Le troisième cercle depuis l'intérieur se rapporte à l'heure civile, qui commence au crépuscule, par l'heure du Coq.
Dans le système horaire civil, l'heure du Rat dure de minuit à 2 heures du matin, en admettant qu'une heure civile soit égale à deux heures occidentales. Les pendules sonnent au début de l'heure du Rat, soit à minuit. Dans ce système, chacune des périodes allant du crépuscule à l'aube et de l'aube au crépuscule était divisée en six parties égales, mais la durée des périodes variant suivant les saisons, la durée des divisions était plus ou moins longue suivant l'époque de l'année. Les Japonais réglaient leurs pendules chaque quinzaine, soit vingt-quatre fois par année. Si nous parlons « d'heures » par rapport aux pendules japonaises, il ne faut pas entendre par là des périodes de soixante minutes, mais des périodes dont la durée varie constamment.
Le second cercle intérieur du cadran indique le nombre de coups frappés par les pendules, en relation avec le signe correspondant du zodiaque. Les Japonais comptaient les heures à reculons. Le chiffre le plus élevé, 9, était attribué à midi et à minuit, la progression de « l'heure » étant représentée par les chiffres 9, 8, 7, 6, 5, 4, chacune des deux périodes du jour comportant six chiffres.
Voir ci-dessous le tableau des deux systèmes horaires japonais. Par « pendules japonaises », il faut entendre celles qui furent fabriquées durant l'ère des Tokougawa, et selon le système japonais de supputation du temps. Ce sont plutôt des oeuvres d'art que des garde-temps précis. Elles peuvent se diviser en trois catégories principales :
Les pendules-lanterne, qui fonctionnaient par des poids, et étaient posées sur une étagère ou suspen¬dues par un crochet. (Fig. 2.)
Les pendules-console, qui étaient des pendules portables, mues par ressort et logées dans des coffrets de bois laqué. Elles se posaient sur une console ou sur un meuble. (Voir fig. 3, 4, 5, 6, 7.)
Les pendules-piliers fonctionnaient par poids et avaient la forme de coffrets hauts et étroits. Elles étaient suspendues à un pilier de la maison ou à tout autre appui fixe. Celles-ci n'ont aucun parallèle européen. (Voir fig. 8.)
Outre ces trois genres principaux, il y avait encore les pendules « fantaisie », car les artisans japonais obéissaient volontiers à leur imagination. Ils produisirent une grande variété de pièces, dont plusieurs étaient des imitations de modèles européens. (Fig. 9 et 10.)
Fig. 2. Pendule-lanterne construite par Sukezaemon Yorikata Tsuda, en 1797. Elle mesure 1 mètre 12 de haut (Collection Ruji Yamaguchi, Tokyo.) C'est vers 1542 que les Portugais découvrirent le Japon et furent autorisés à faire du commerce dans les ports de Kyushu. François Xavier, le missionnaire jésuite, y arriva en 1549.
En 1551, il introduisit au Japon la première horloge européenne qu'il offrit en cadeau au gouverneur de Yamaguchi, à Suwa, de la part du vice-roi des Indes, en vue d'obtenir la permission pour les Jésuites d'enseigner le christianisme. C'était probablement une petite pendule à sonnerie, genre lanterne, fonctionnant par poids, avec échappement à verge, telles qu'elles étaient alors en usage en Europe.
En 1541, quatre chevaliers japonais chrétiens, de Kyushu, revenant d'un voyage en Europe au cours duquel ils étaient allés rendre hommage au pape offrirent une horloge à un gouverneur japonais. Hideyoshi Toyotomi.
En 1606, à Fushimi près de Kyoto, l'évêque-député du district jésuite japonais, Joao Rodrieguez, offrit une pendule à Iyeyasu, fondateur du shogounat de Tokougawa. Un envoyé du gouverneur du Mexique lui fit un cadeau semblable en 1612, à son palais de Shizuoka. Celle-ci est la plus ancienne pendule occidentale connue au Japon. Elle se trouve actuellement dans le temple de Toshogu, à Shizuoka. Elle mesure 20 cm de haut et est faite en laiton et équipée d'un mouvement en fer. Elle fut fabriquée par Hans, à Madrid, en 1581.
Les missionnaires jésuites introduisirent au Japon un grand nombre de pendules européennes. Sans doute ne furent-elles pas toutes utilisées dans les églises. Quelques-unes furent offertes en cadeau au shogoun et à la noblesse. Il y avait, parmi les pères jésuites, des horlogers fort adroits qui ne se contentèrent pas de fabriquer des pendules, mais enseignèrent aussi leur art aux forgerons japonais dans des séminaires, d'abord dans le district de Kyushu, puis dans celui de Kyoto, entre 1575 et 1612.
A l'époque de Iyeyasu, le bruit se répandit qu'un for¬geron très habile, Sukezaemon Masayuki Tsuda, avait fait une réplique exacte d'une pendule européenne. Sans doute avait-il acquis ses connaissances d'horlogerie dans un séminaire jésuite. La pendule du shogoun s'étant arrêtée, on chercha un mécanicien capable de la réparer. On découvrit Tsuda qui fut emmené à Shizuoka. Il répara la pendule du shogoun, puis en fabriqua une seconde de toutes pièces. d'après le modèle de la première. Pour le récompenser, le shogoun le prit à son service. Pus tard Tsuda fut envoyé à Nagoya chez le fils de Iyeyasu, qui était seigneur d'Owari. Celui-ci le nomma son horloger personnel et chef de tous les horlogers et forgerons d'Owari.
Les descendants de Tsuda continuèrent à exercer le métier d'horlogers jusqu'à l'ère de Meiji. (XIXe siècle.) C'est à lui que remonte l'origine de l'industrie horlogère très prospère de Nogoya, l'un des centres horlogers du Japon. D'après la signature et les noms de localités figurant sur les pendules, ou les renseignements puisés dans les archives, les principaux centres horlogers du Japon sous les Tokougawa, étaient : Tokyo, Nagoya, Kyoto, Osaka et Nagasaki. (Voir plus loin la carte du Japon.) Aujourd'hui encore l'industrie horlogère est très active dans toutes ces villes, sauf à Nagasaki.
Au début de l'ère des Tokougawa, nous trouvons à Tokyo Riemon Hirota, horloger au service du shogounat. Ses fils lui succédèrent dans cette fonction jusqu'à la révolution de Meiji. Mais nous ne possédons aucun renseignement ni sur ses ascendants, ni sur ses descendants. En 1796, Hosokawa décrivit, dans un traité, la construction d'une pendule-lanterne, Yasuaki Asada, un astronome qui vivait à Osaka vers la même époque, dressa le plan d'une pendule avec échappement à roue de rencontre. Il fit fabriquer l'une de ces pièces par Tozaemon Toda, horloger à Kyoto, et l'autre par Yazaburo Ohno, horloger attaché au Service du Calendrier du shogounat. C'étaient probablement des pendules à divisions décimales. Elles furent utilisées par Ino, astronome-arpenteur, et sont aujourd'hui pieusement conservées par ses descendants, à Sakura.
Dès l'ère Tempo (1830-1843), de nombreux horlogers, dans différentes villes, se mirent à fabriquer des horloges de formes et de dessins variés. Le fini remarquable de ces pièces montre le degré de perfection atteint par ces artisans japonais. Durant cette période, un célèbre et adroit constructeur de mécanismes, nommé Denjiro Kobayashi, de Tokyo, construisit une pendule-console à musique. (Fig. 7.) Inutile de dire qu'elle remporta un immense succès. Elle a été exposée au Musée scientifique de Ueno, à Tokyo. Durant l'ère Koka (1844-1847), Shokichi, un horloger de Hirakata, près d'Osaka, fabriqua une petite montre-bague. Cette pièce rare est la propriété de M. Otani, grand prêtre du temple de Nishihonganji, à Kyoto.
L'un des plus célbres horlogers du siècle dernier fut Hisashige Tanaka (1798-1881), appelé aussi « Karakuri Giemon », de Kyoto. Il termina en 1850 la construction d'une horloge de 400 jours, qu'il appela « horloge millénaire ». Elle mesurait 39 cm de haut et 18 cm de large et était de forme hexagonale. (Fig. 11.)
Elle indiquait, sur ses six cadrans, l'heure européenne, l'heure japonaise, les jours de la semaine, les vingt-quatre saisons de l'ancien calendrier chinois, l'âge de la lune et le cycle sexagénaire « Eto ». De plus, elle portait sur sa face horizontale un dispositif indiquant la rotation du soleil. Cette pendule fut vraisemblablement exécutée avant la construction de pièces analogues en Europe. L'horloge de Tanaka est considérée comme étant supérieure à la fois comme mécanisme et comme plan.
Tanaka ne se contenta pas de fabriquer des pendules, il se lança dans des formes de mécanique encore plus compliquées. A Kyoto, où se trouvaient ses ateliers, les foules venaient voir son musée de curiosités. Cette pen¬dule étonnante est la propriété de la famille Tanaka et a été exposée au Musée des Sciences de Ueno, à Tokyo.
Les daïmyos de cette époque achetaient tous les nouveaux modèles et les horlogers s'appliquaient à construire le maximum de pendules artistiques et bien étudiées. L'un des plus riches d'entre eux. Matsudaïra, seigneur de Matsue, était un fervent collectionneur. Il possédait trois salles contenant chacune un genre particulier de pendules. Son enthousiasme était sans limites. A chaque occasion, il ajoutait une nouvelle pièce unique à sa collection. Lorsqu'il vit l'horloge de 400 jours de Tanaka, au cours d'un voyage, il voulut l'acheter mais le prix en était trop élevé, même pour lui.
On croit généralement que les pendules japonaises de la période des Tokougawa étaient entièrement faites à la main, c'est-à-dire que toutes les parties étaient faites par un seul maître-horloger avec des limes et autres outils élémentaires. C'est ainsi que selon M. J. Drummond Robertson et d'autres historiens de l'horlogerie japonaise, il n'y aurait pas deux pendules japonaises tout à fait semblables. Cependant, j'ai pu constater à maintes occasions des pendules en tous points identiques. Grâce aux recherches approfondies de mes collègues, j'ai pu retrouver, en 1940, Nagoya, les descendants de Sukezaemon Tsuda, alors que je travaillais à la compilation de l'histoire de l'horlogerie de Nagoya.
D'après les archives de la famille Tsuda, j'ai pu m'assurer que ses pendules étaient fabriquées, à la fin du dix-huitième siècle, par des industries ou manufactures privées, à Nagoya et aux environs, et que de nombreuses horloges tout à fait semblables étaient sorties de ces ateliers. La spécialisation, ou travail en série, existait déjà à cette époque dans l'industrie horlogère de Nagoya. On y trouvait deux sections principales, la fabrication des ébauches et l'assemblage. Les fabricants d'ébauches se trouvaient à Komako, près de Nagoya.
Dans l'atelier de la famille Tsuda, Sukezaemon Yorikata Tsuda fabriqua, avec ses aides, un grand nombre de pendules. La décoration et le finissage étaient l'oeuvre du maître-horloger, mais les différentes pièces étaient faites par ses collaborateurs. Les cloches étaient fournies par les fondeurs, les cadrans par le fabricant de cadrans, les socles et chapeaux étaient faits par le menuisier, puis étaient laqués par le spécialiste. Les gravures sur métal et les incrustations étaient faites par le graveur. En outre, Tsuda faisait faire des ébauches en dehors de son propre atelier. J'ai en ma possession une pendule provenant de la famille Tsuda, attribuée à Sukezaemon Yorikata Tsuda, et qui fut faite en 1797. Son authenticité est attestée par la description de Sukezaemon Tsuda datée de 1797, quoique la pendule elle-même ne porte ni signature ni date, comme d'ailleurs toutes les pendules de la période des Tokougawa. (Voir fig. 2.) En 1872, l'ancien système japonais de mesure du temps fut abolie. L'heure occidentale fut introduite et les pendules européennes se répandirent au Japon.
La première fabrique d'horlogerie moderne fut établie en 1875. La plus importante, l'usine Seikosha, fondée en 1888, a produit des montres et pendules de tout genre.
Les usines principales à l'heure actuelle sont : Seikosha Clock Co., Deuxième Seikosha Watoh Co., Toyo Watch Co., Citzen Watch Co., Tokyo Clock Co., Eikosha Watch Co., Aichi Clock Co., et Meiji Clock Co. En 1947, ces huit maisons occupaient dix mille ouvriers, soit le 76 pour cent de tout le personnel horloger, et avaient produit 1,200,000 pièces d'horlogerie, soit le 78 pour cent de la production totale de l'industrie horlogère du Japon.
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LE GRAND VIRAGE DE LA CONSTRUCTION
Rien ne bouge donc en apparence dans le monde feutré de l’horlogerie. Cependant, en observant attentivement les nouveautés des trois dernières années, il est possible de sentir comme un frémissement dans la notion même de conception. Dans l’esprit, les marques IWC, Piaget et Panerai se sont donné le mot et sortent simultanément leur nouveau calibre de chronographe, la complication «in house» la plus accessible. Il semblerait que différentes autres maisons, possédant déjà ce calibre de base dans leur patrimoine (Jaeger-LeCoultre et Maurice Lacroix), aient décidé d’innover véritablement au risque de se tromper.
Si les calibres spéciaux ne représentent encore qu’un outil de promotion à destination des médias, la démarche d’une recherche accrue dans le domaine des nouveaux modes de régulation et dans celui des composants d’avant-garde est faite. Ainsi, ces dernières années, pour faire face à la concurrence que représente Seiko dans le secteur de la recherche et du développement, les grandes entités comme Patek Philippe, Rolex, Breguet et Ulysse Nardin se sont mises en tête de travailler de nouveaux matériaux comme le silicium en vue de les intégrer au sein des calibres mécaniques. Si l’approche est louable, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de l’énergie dépensée. On sait aujourd’hui combien certaines avancées n’en étaient pas, et que le coût rapporté à l’amélioration réelle pèse lourd. Les ratés dans l’emploi de nouvelles technologies ne doivent pas faire perdre de vue que ce type de recherche est essentiel pour toujours ressourcer un métier naturellement enclin à s’enfermer sur la tradition.
Une chose semble évidente: les grandes entreprises tentent leur chance, chacune à leur niveau. De toute évidence, Richard Mille a poussé les marques à regarder du côté des nouveaux matériaux pour se rendre «glamour» sans se priver de ce qu’il faut de technicité.
Cela a incité Zenith à fabriquer un métal destiné à «upgrader» ses calibres El Primero vieillissants. Ce petit «lifting» à coup de Zenithium, s’il n’apporte rien sur le plan de la mécanique, est un bon coup marketing. D’autres utilisent le magnésium avec autant de succès, l’ARCAP (Urwerk), un métal léger issu du monde aéronautique, l’aluminium (Jaeger- LeCoultre), le titane dans tous ses grades (Hublot) et diverses bizarreries venues de l’espace comme la céramique (Chanel)... Face à ce catalogue, on finirait par croire qu’un mouvement mécanique n’est plus qu’une machine à faire du marketing.
On pourrait le croire si l’on considère la montre De Ville Hour Vision d’Omega d’un oeil distrait. Cependant, il ne faut pas s’y tromper; ce calibre de manufacture, précis et visible à travers la carrure en saphir, joue la carte d’une modernité pragmatique ayant pour objet d’offrir à son acquéreur à la fois ce qu’il faut d’esthétique et la sécurité d’un fonctionnement sur la longue durée. Ce mouvement original devrait pouvoir être un jalon dans l’histoire. Moderne dans sa construction, il possède néanmoins les traits de ceux dont on disait, il y a dix ans, qu’ils étaient faits à la main par des horlogers dédiés à leur art. La communication mettait alors l’accent sur la tradition par opposition à la modernité que représentait le quartz. L’attachement à des valeurs souvent archaïques a donné les éléments par lesquels les horlogers sont parvenus à surmonter leur angoisse à l’égard de la toute puissante technologie informatique. Seulement, cette défiance a souvent bridé leur créativité au point qu’ils se refusaient presque à exploiter l’outil informatique. Si l’innovation fut longtemps interdite dans les bureaux d’étude dirigés par des horlogers survivants de la grande crise des années 70-80, elle est, depuis le départ en retraite de ces gardiens d’une orthodoxie parfois pathologique, considérée comme un outil susceptible de faire échapper l’horlogerie classique à la crise que certains pourtant présentent comme imminente. Comme toujours chez les horlogers, la nuance se limite au réglage de la raquette de balancier. Un balancier que certaines enseignes ont doté de réglages dynamiques imposant à la montre de rentrer au Service Après Vente pour réglage, car il faut un outil spécial dont seuls les agents agréés disposent. La jeune génération, ayant soif d’exprimer son talent, fait actuellement un large usage d’ordinateurs surpuissants. Comme ces concepteurs d’un nouveau genre les maîtrisent comme personne et que ces «bécanes» bardées de quartz sont couplées à des machines-outils superprécises, on en arrive actuellement à des constructions ahurissantes de complexité que personne ne cherche plus à décrire tant la composition mécanique échappe à l’entendement humain.
Ainsi, la dernière Master Compressor Extreme Lab de Jaeger-LeCoultre, la future Monaco V4 de TAG Heuer, la RM 015 de Richard Mille, ou encore la nouvelle Ulysse Nardin avec l’échappement Dual Ulysse révisé, sont les représentantes actuelles d’une nouvelle génération de montres dont l’essentiel est moins la précision que l’effet produit sur les rétines des amateurs.
Seulement, et c’est le souhait de tous les professionnels conscients du risque que représente une fuite en avant faite sans discernement: il faut savoir regarder le passé et analyser les éléments qui ont précipité la chute de l’horlogerie en 1970 pour éviter de retomber dans les mêmes pièges. L’engouement actuel pour la cosmétique des mouvements et des habillages et les recherches sur les matériaux ressemblent étrangement aux travaux menés par Tissot avec l’Idea 2000, la montre en plastique et en fibre de verre conçue à la fin des années 70.
Avec un peu de paranoïa et ce qu’il faut de lucidité, il est possible de se demander si l’attitude des concepteurs actuels à l’égard de la technologie n’est pas la même que celle qu’avaient les marques dans les années 70. Cette question est d’autant plus d’actualité que cette petite révolution de l’image intervient au moment même où une autre révolution – silencieuse celle-ci – impose lentement une technologie qui, tout en pouvant être associée à des complications recherchées, prend le meilleur des technologies du quartz et de la mécanique pour en créer une troisième, infiniment meilleure... Et, si l’on n’y prend pas garde, dans trente ans, les spécialistes de l’horlogerie commenceront peut-être leurs articles ainsi: Il était une fois en 1969, puis une seconde en 2009... ■
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Horlogerie mécanique : le cas d'école d'une évolution immobile
On dit l’horlogerie suisse très attachée à son patrimoine, son savoir-faire, à la tradition.
Toutes ces valeurs, souvent mises en avant dans les communications des marques institutionnelles, laissent croire, par instants, que le temps lui-même s’est arrêté de tourner dans les vallées jurassiennes et autres ateliers genevois.
On aurait tort de croire les montres sujettes à de profondes évolutions en ce qui concerne leur construction. Quelques spécificités nationales départagent les pièces anglaises de celles françaises dans les plus belles années du XVIIIe siècle. Cependant, la technique de fabrication des montres était la même sur la place Dauphine à Paris que dans Cecil Street à Londres ou encore à La Chaux-de-Fonds où avait brillé Daniel JeanRichard, un homme capable, dit-on, de reproduire à la main un instrument horloger d’un vendeur de chevaux anglais.
Cette ville, comme d’autres en Suisse, tenait sa place dans le monde de l’horlogerie en faisant des produits de qualité simples ou compliqués à petit prix et à la façon des Français ou des Anglais selon la demande du marché. Logique dans ces conditions que des horlogers des pays concernés se soient plaints de la piètre qualité de ces ouvrages.
Pure rhétorique, car en vérité, beaucoup des merveilles mécaniques de la fin du siècle des Lumières en provenance des vallées du Jura étaient largement aussi bien faites que celles réalisées dans les capitales européennes et n’en différaient en rien physiquement.
La raison de ce talent ? Le bon niveau de connaissance des habitants, y compris dans les campagnes, le goût du travail et un coût de main d’oeuvre faible faisaient la différence. On sait que le salaire moyen d’un ouvrier paysan des Franches-Montagnes était, en moyenne, près de deux à trois fois moins élevé que celui d’un manouvrier parisien. Il était alors tentant de faire produire certaines de ces pièces dans un pays où la réalisation, à qualifications égales, était largement moins onéreuse... Le résultat qu’il entraîna à l’époque devrait justifier d’une réflexion de fond, car l’histoire possède cette étrange faculté de souvent se répéter.
Si les commanditaires faisaient exécuter à vil prix quelques centaines de calibres, ils ne pouvaient empêcher, distance aidant (il fallait plus de dix jours de calèche pour se rendre àLaChaux-de-Fonds en venant de Paris), la prolifération de serviles copies. Comble du cynisme, elles portaient régulièrement la signature contrefaite des maîtres qui,par ailleurs, étaient souvent suisses.
Longtemps, on l’oublie, les manufactures, dont la première fut celle de Frédéric Japy (né en 1749 et actif dès 1777), ont fabriqué en grande quantité des mouvements de montres considérés par les horlogers de grand renom comme franchement médiocres. Ceux-ci inondaient pourtant le marché des campagnes. Les colporteurs itinérants se faisaient fort de les vendre aux paysans lors des foires aux bestiaux.
Ce commerce n’empêchait pas les maîtres de tous pays de fort bien cohabiter avec ces reflets de la proto-industrie. Ils élaboraient des compositions mécaniques sur des bases de calibres dits «Lépine» dont la conception leur permettait de travailler en finesse, le symbole par excellence d’un luxe ultime, en opposition aux oignons populaires.
Les merveilles techniques différaient aussi dans leur mode de régulation de celles du peuple. Lorsque les belles références du début du XIXe siècle étaient à échappement à cylindre, les produits destinés au peuple conservaient un mode de régulation hérité du XVIIIe siècle.
Ainsi, les pièces les plus élaborées, et d’un prix parfois indécent, s’adressaient en priorité aux plus riches. Pourtant, avec l’accélération de la révolution industrielle en Europe continentale et l’émergence d’une population plus instruite à «l’honnête niveau de vie», les manufactures commençaient à envisager une puissante reconversion.
Les entrepreneurs en étaient restés à une fabrication en parties brisées, autrement dit, chaque marque faisait encore appel aux petits établisseurs qui fournissaient les pièces détachées demandées. Après venait l’assemblage et l’ajustage par roulage des composants. La part manuelle était considérable, mais les salaires peu élevés autorisaient cette pratique. Seulement, les Américains arrivaient et le volume de leur production pouvait mettre à mal les manufactures helvétiques.
Les «Riverside » de Waltham de la fin du XIXe siècle n’avaient rien à envier aux calibres Zenith ou Omega, pas même leur prix souvent inférieur.
Après l’Exposition universelle de Philadelphie en 1876, Les enfants de Louis Brandt, mais également la plupart des établisseurs sérieux de Suisse prirent conscience que leur mode de fabrication était totalement obsolète et qu’il allait être laminé par les nouveaux arrivants qui ne tarderaient pas à envahir le marché avec des produits de très haute qualité à bon prix.
Pas de doute, il fallait réagir. En 1879, la maison Louis Brandt & Fils s’installait à Bienne et intégrait les activités pour concurrencer les horlogers du bout du monde. Globalement, la mécanisation modifia profondément l’esthétique des calibres, car le mode de fabrication devait influencer l’architecture d’une montre.
Vers 1880-90, les grandes entités passaient progressivement de l’échappement à cylindre (qui allait devenir celui des montres populaires) à l’ancre, un échappement libre plus précis. En 1894, le célèbre calibre Omega, celui-là même qui donnera finalement son nom à l’entreprise, vit le jour.
Il n’était en rien un calibre orthodoxe suisse. Sa construction le faisait ressembler à ceux en faveur aux USA. Mais il n’y avait rien d’étonnant à cela puisque, dans beaucoup d’ateliers, il était possible de trouver des tours dont les noms inscrits dans la fonte grise stabilisée avaient des consonances particulièrement anglo-saxonnes. Qu’importe finalement, puisque le travail était suisse et donc gage de qualité (déjà).
L’énergie déployée et l’opiniâtreté des plus grandes marques installées dans les vallées inaccessibles devaient finalement déstabiliser les manufactures américaines et leur survivre. Une certitude, l’horlogerie du pays des montagnes jurassiennes avait brillamment réagi à la crise. Vers 1915, plus forte que jamais, elle entendait bien réussir le virage de la montre-bracelet et parvenir à se débarrasser des industries européennes concurrentes.
Une nouvelle révolution salutaire s’amorçait. Tournant en rond, le métier avait besoin de nouveaux challenges. La réduction en taille des mouvements de gousset et les améliorations à apporter aux calibres en matière de régularité horaire pour répondre à la demande allaient servir la cause des entreprises.
Le gain d’une décimale en précision journalière s’assortissait d’une réflexion de fond sur le mode de fabrication des montres de consommation courante. La chimie et la physique allaient rentrer dans le monde de l’horlogerie.
Charles-Edouard Guillaume, physicien, Prix Nobel en 1920, devait découvrir l’Invar, un alliage à base de fer et de nickel dont la particularité était d’être thermiquement stable. Associé à un balancier en bronze Béryllium, ce métal précieux en horlogerie allait résoudre l’irrégularité horaire des instruments horlogers portatifs et par là même les faire légèrement progresser. Autre évolution dont on mesure encore mal l’importance aujourd’hui (sinon peut-être les collectionneurs d’ancien étant confrontés à la fragilité des pièces): l’invention et l’introduction des parechutes dans les années 40-50.
Inventé par Breguet, le système ne devait être repris que cent-cinquante ans plus tard... Comme quoi les innovations permettant d’améliorer sensiblement les instruments horlogers sont parfois lentes à s’imposer.
Avec l’arrivée des boîtiers étanches et l’introduction des mécanismes de remontage automatique sous l’impulsion de Rolex en 1933, les équilibres industriels devaient s’en trouver chamboulés. Mais ce n’est pas tout. A peu près à la même date (la période était faste), Breitling développait un second poussoir pour ses chronographes et Longines en profitait pour placer dans ses calibres 13ZN une fonction de retour en vol, permettant, par pression sur le poussoir situé à 4 h, la remise à zéro de l’aiguille de chrono et son nouveau départ instantané. Bref, tout ce à quoi l’horlogerie de poignet pouvait aspirer fut inventé entre les deux conflits mondiaux, soit des années 20 aux années 40.
Une fois les outils de production capables de répondre à la miniaturisation, les grands standards horlogers posés, les grandes marques vécurent de leur bien en proposant quelques évolutions d’ordre essentiellement esthétique.
Période faste sur le plan de la consommation, les marques réfléchissaient en zones de chalandise et en fonction de la concurrence.
Les années 50-70 furent sans doute les plus porteuses sur le plan économique. En pleine expansion, les marques suisses, lancées dans des phases de construction de montres essentiellement fonctionnelles, n’avaient d’yeux que pour le secteur mécanique.
Dans les années 50, les bureaux de recherche et de développement ne se penchaient pas le moins du monde sur les montres à quartz auxquelles aucun ingénieur d’alors ne croyait. Seulement, les piles de la firme Malory et les premiers condensateurs au silicium, enfin disponibles dans le courant des années 50, auraient dû faire réfléchir les bureaux d’étude. L’historiographie d’aujourd’hui, révisant assez largement l’approche nihiliste des ingénieurs suisses en ce qui concerne l’importance du quartz, tente de faire oublier combien le rejet et le retard pris dans ce secteur ont failli coûter la vie aux manufactures
En somme, alors que tout était au beau fixe, les marques se sont laissées porter par les gains pharaoniques réalisés et ont négligé de se remettre en cause. Pire presque, entre 1948 et 1970, routine aidant, pratiquement rien n’a été fait pour améliorer le rendement des instruments et seuls deux nouveaux chronographes automatiques (celui de Zenith/Movado et celui du pool de travail Haas-Neveu, Léonidas, Breitling, Heuer et Büren) virent le jour pratiquement simultanément pour tenter de résoudre l’effondrement des ventes dans ce secteur, auparavant en pleine croissance. Toutefois, certains signes mécaniques auraient dû faire comprendre qu’une révolution allait se produire. A la dissection du mouvement de chronographe Calibre 11, tout indiquait une lente dérive dans les conceptions. «Brut de fonderie » comme disent les techniciens, ce calibre, pour exotique qu’il fut, était plus une compilation de savoir-faire qu’un vrai produit intégré. Mal né, il annonçait à sa façon la fin d’un règne dans les années 70-80... Dans ce climat strictement décadent, les montres à piles et régulées par un oscillateur à quartz n’avaient aucune difficulté à s’imposer.
La nouvelle technologie devait pulvériser les structures industrielles classiques en pratiquement moins de trois ans. Les grandes marques n’avaient plus rien inventé et s’étaient contentées de travailler la cosmétique tout en augmentant les prix en période de crise pétrolière. L’idée devait contribuer à exciter les foules.
Comme les produits horlogers mécaniques classiques symbolisaient l’attachement à la tradition, ils allaient servir de catalyseurs aux jeunes montés sur les barricades en 68 et refusant les schémas sociaux traditionnels. En somme, la mécanique horlogère payait pour les erreurs d’éducation... Le contrecoup allait être brutal et les chômeurs nombreux. Seulement, les Suisses sont revanchards ou ont une bonne étoile.
Elle se trouvait, par chance, dans les cartons des sociétés reprises par Monsieur Nicolas Hayek. Le destin, s’il en est un, allait faire de cette montre à trois sous, celle par qui l’embellie allait revenir. En seulement trois ans de crise, l’outil de production avait été, dans bien des cas, détruit. Personne n’ayant cru au retour possible de la montre mécanique après son éviction aussi rapide. Et pourtant, même l’incroyable est susceptible de se produire. Après une phase d’acquisition par les collectionneurs de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de l’horlogerie de poignet ancienne (car la mort programmée génère la spéculation), de nombreux investisseurs, sentant un retour possible sur le plan affectif, se jetèrent sur les cendres encore fumantes des sociétés horlogères pour les exhumer.
Faute d’outils de production et d’employés, ces marques moribondes achetèrent des mouvements mécaniques au seul distributeur pratiquement accessible portant le label Swiss Made: ETA.
Et l’on vit fleurir des montres «vintage» équipées de mouvements chronographes (ETA Valjoux 7750) et de calibres simples (2824 et plus tard 2892). Personne ne disant rien, les marques se relançant eurent des rentabilités à très court terme qu’aucune autre structure ne pouvait espérer atteindre.
Seulement, et c’est le défaut du commerce, les entrepreneurs se sont rapidement habitués à exploiter ces mécanismes génériques en grande quantité. Pour conforter les puristes dans leur quête d’absolu, ils ont exhumé le titre de manufacture qui, par chance, pour être employé en toute légalité, ne nécessite la fabrication que d’un calibre à l’interne.
Le résultat est qu’aujourd’hui, faute de vouloir dépenser pour intégrer la fabrication des éléments nécessaires à la réalisation d’un calibre de montre, la plus grande majorité des maisons a pris le parti de déléguer à d’autres sociétés la réalisation de certains des composants de la montre qui portera leur signature.
Une fois les pièces réalisées partout dans le monde, elles sont renvoyées à la «maison mère» qui se charge d’une partie du montage avec ses employés et en délègue souvent une autre partie à des PME ou des artisans spécialisés dont la particularité est d’être systématiquement débordés et rarement prêts dans les délais.
Dans ces conditions, beaucoup de manufactures d’aujourd’hui, si elles en portent le titre, travaillent à l’ancienne à la façon des établisseurs. Seulement, le constat est accablant. Il semble qu’il faille une crise pour que l’horlogerie mécanique se remette en cause. Devant les profits records réalisés et l’impossibilité pour ETA de livrer les commandes demandées, Nicolas Hayek, sur un coup de gueule, a prévenu, courant 2001, qu’il cesserait de fournir les chablons des précieux calibres ETA.
Cette crise larvée devait inciter certaines des entités alors récemment rachetées par des groupes de luxe à commencer à se chercher des développeurs pour réaliser des mouvements «in house» afin de pallier une réduction des livraisons alors que la demande du marché se trouve en croissance.
Voilà donc qu’après tout juste vingt ans d’une profonde léthargie, l’horlogerie se réveille avec des velléités de retrouver son rang d’antan.
Au demeurant, son grand souci actuel est de parvenir à subvenir à ses besoins en calibres mécaniques dans le segment le plus élevé de ses créations. Logique puisque c’est encore celui qui rapporte le plus, tout en étant également celui sur lequel se fonde la communication. Globalement donc, depuis deux ans, les marques institutionnelles habituées à se reposer sur leur image entament une remise à niveau de leur parc de «moteurs». Evidemment, certains ne peuvent pas s’empêcher de tricher. Il arrive donc encore parfois de voir, chez les plus grands, une référence porter le terme de manufacture alors que le mouvement cité n’est en rien élaboré au sein de la manufacture qui l’utilise. Elles exploitent des créations réalisées par des entreprises spécialisées dans la fabrication de calibres comme THA, Christophe Claret, Dubois-Dépraz, Renaud et Papy, BNB et quelques autres encore.
Toutefois le danger menace pour qui pratique cette politique. Les amateurs sont de moins en moins dupes, les «blogs» horlogers et les sites de passionnés ne laissent plus rien passer (ou trop dès qu’il s’agit d’aficionados) et les supports spécialisés, s’ils veulent conserver leur audience auprès du lectorat, devront eux aussi, un jour, dénoncer ces comportements que personne ne condamne s’ils sont avoués.
Alors, de toute évidence, le début du troisième millénaire marque quand même un tournant dans un univers où l’horlogerie semble enchaînée à ses valeurs passéistes. Si certaines marques voulaient récemment encore développer une nouvelle charte qualité pour certifier leurs créations, ces dernières ont été confrontées à une problématique dont l’évidence n’aurait jamais dû leur échapper: à quoi sert une machine de plusieurs milliers de francs quand le nombre de calibres à tester ne dépasse pas, annuellement et pour toute la Suisse, les 30 unités originales... Heureusement, depuis quelques années aussi, quelques horlogers indépendants, tout en étant très attachés aux valeurs du passé, savent s’extraire du carcan des habitudes pour créer des moteurs mécaniques vraiment innovants. Ce travail de fond est réalisé par des enthousiastes n’ayant globalement pas vécu directement la crise du quartz.
Ainsi, François- Paul Journe, avec ses calibres en or massif et ses complications modernes de classicisme, ou Felix Baumgartner, sans doute le moins communicant de tous, mais aussi le plus accessible et le plus doué, qui fait depuis 1996 de l’horlogerie comme le futur en demandera. Le jeune prodige a tout juste 30 ans et déjà sa partition mécanique vaut bien celle d’un Jaquet-Droz (l’inventeur au XVIIIe siècle des automates). L’avenir, des entrepreneurs brillants comme ceux qui ont fondé Hautlence ou des hommes comme Richard Mille l’ont également compris.
Depuis 2000, ce concepteur célèbre la modernité en jouant entre les lignes avec certains éléments issus d’une tradition horlogère ultramontaine et les mélange avec des composants tirés des nouvelles technologies. Cet horloger qui a sans doute contribué, sans le savoir (encore que), à révéler la vraie tendance d’une horlogerie récréative, mérite bien un petit applaudissement. Mais attention, comme maître d’un nouveau genre, il n’est pas question pour lui de baisser les bras un instant. En précurseur, il se doit à son public qui en redemande. Etre un horloger précurseur relève du sacerdoce...
Et il en est certains qui prendraient bien sa place... Comme quoi le monde de l’horlogerie est une jungle faite de rouages couverts de dents.
On pourrait donc croire le temps cyclique. Si de grandes manufactures institutionnelles produisent, comme hier, un grand nombre de garde-temps et calibres originaux au sein de leurs propres ateliers, l’attitude actuelle des grandes entités à l’égard de la fabrication des montres ressemble de très près aux pratiques des comptoirs d’établissage, car elles travaillent selon la méthode dite en «parties brisées».
Autrement dit, elles font largement appel aux sous-traitants. Ceux qui agissent de la sorte utilisent souvent des calibres mécaniques génériques associés à des modules. Ces planches mécaniques sont parfois fabriquées à l’interne, pour Oris et le calibre 360 TAG Heuer par exemple, ou le plus souvent achetées chez des spécialistes dans la discipline, dont le plus connu n’est autre que la maison Dubois-Dépraz.
Si la construction modulaire n’est pas critiquable en soi, elle ne peut en rien résoudre tous les problèmes de l’horlogerie contemporaine. Son emploi, quoi qu’on en dise, est strictement limité à des pièces dont le prix de vente est inférieur à 2000 euros. Au-delà, la qualité intrinsèque du produit ne répond pas aux canons classiques du luxe.
En effet, cet univers exclusif ne se satisfait jamais d’un assemblage sinon dans le secteur des spiritueux. Par effet, le module horloger, purement fonctionnel, perd de sa magie et ne permet plus de justifier les prix élevés. On a souvent entendu dire que sa généralisation correspondait à l’attente du public de disposer de chronographes fins ou de montres équipées de fonctionnalités originales. Ces organes additionnels ont effectivement permis de répondre rapidement à une demande, mais n’ont jamais été considérés par les puristes comme une «panacée universelle».
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Email: Attention à la confusion !
Les décors en émail, que l’on croyait en voie de disparition il y a seulement quelques années, fleurissent à nouveau sur les montres. L’art ancestral, réputé si difficile à maîtriser, serait-il ressuscité? Tour d’horizon avec Anita Porchet, spécialiste reconnue parmi les meilleurs.
Anita Porchet n’avait que 12 ans quand elle a commencé à apprendre son métier auprès de son parrain, un graveur devenu émailleur en autodidacte. Quelques années plus tard, le travail se faisant rare, elle décide d’ajouter d’autres cordes à son arc et de suivre les cours des Beaux-Arts à Lausanne.
A cette époque, elle a rencontré la femme qui allait la ramener à l’émail. Elle avait été enseignante titulaire de la spécialité à l’Ecole des arts décoratifs de Genève et, depuis la fermeture de la classe en 1970, elle continuait à exercer dans son atelier. En s’y rendant une fois par semaine, Anita Porchet a pu appréhender toutes les techniques et recevoir une formation de haut niveau.
La plupart des personnes qui pratiquent le métier aujourd’hui en Suisse l’ont appris de leurs aînés et/ou par eux mêmes, l’école de Genève ayant été la dernière dans le pays. Quelques-unes cependant ont suivi des cours à l’étranger, notamment à Barcelone.
Quoi qu’il en soit, elles sont nombreuses à se lancer sur le marché depuis deux ou trois ans. Si le regain d’intérêt pour l’émail n’a rien de surprenant – les goûts fluctuent inexorablement –, l’augmentation des professionnels est sujette à interrogations. Anita Porchet distingue la peinture miniature des autres décors en émail.
Summum de l’art qui a fait la gloire de Genève, elle est réalisée au pinceau telle une toile de peintre comme son nom l’indique, la miniaturisation et la succession de feux nécessaires à la vitrification de l’émail ajoutant au talent des maîtres. Il faut de longues années d’apprentissage pour devenir un peintre miniature sur émail digne de ce nom. Les artistes se sont raréfiés tout au long du XXe siècle au point de voir poindre le moment où la relève ne serait plus assurée. «Au tournant de l’an 2000, il n’y avait presque plus de travail pour nous», se souvient Anita Porchet. «Je tiens à rendre hommage à la maison Patek Philippe qui, de tous temps, s’est attachée à préserver le métier, la peinture miniature comme les autres techniques.
Au plus bas du marché, elle constitue des stocks en vue de jours meilleurs et elle continue à passer commande aux détenteurs de savoir-faire traditionnel.»
Le mot est dit. L’embellie revenue à partir de 2004 est alimentée par des artisans qui ne maîtrisent pas tous la technique traditionnelle. Pour Anita Porchet, il n’est nullement question de réprimer l’émergence de nouveaux procédés. Au contraire, c’est peut-être la seule voie de l’avenir! Il s’agit simplement de distinguer les genres pour une juste estimation de leur valeur. «Aujourd’hui, il y a une technique, tout à fait remarquable, qui s’apparente à l’aquarelle.
Elle s’est développée, au cours de la dernière décennie, au sein d’une manufacture et elle a fait école dans la jeune génération.
On la reconnaît aux fins traits noirs qui délimitent le dessin. En fait, elle est basée sur un fond d’émail noir que l’on vient gratter en surface, en préservant des contours, avant de peindre les différents espaces en dégradés. On n’a pas les superpositions de couleurs de la peinture miniature ancestrale qui créent la profondeur et permettent de varier les nuances à l’infini. L’émail n’est d’ailleurs pas le même – le nôtre ne se trouve plus à la vente –, mais celui qui sert couramment à la décoration de la porcelaine.
La seule manière de faire identique est l’application, in fine, de l’émail transparent ou fondant qui uniformise la surface et protège le travail.»
On aura compris que la technicité et le temps requis sont moindres dans le cas de la peinture miniature en émail façon aquarelle.
Actuellement, on voit également se répandre la peinture sur nacre ou sur fond transparent. «C’est bien de la peinture miniature, mais ce n’est pas de l’émail, c’est du vernis synthétique. On l’appelle volontiers émail à froid, du fait d’une certaine ressemblance. Cependant, le terme est impropre. Email implique verre et cuisson avec tout ce qu’il faut de connaissances pour le maîtriser. En France, la difficulté à travailler la matière est particulièrement reconnue et son nom est protégé.
En outre, la peinture synthétique ne donne pas l’éclat du verre pénétré par la lumière. La différence est immédiatement perceptible par les connaisseurs. Personnellement, je la vois même sur une photo de magazine.
Bien entendu, on peut obtenir de très belles réalisations, mais elles n’ont rien de commun avec la peinture miniature en émail.»
Dans le milieu horloger où peinture miniature et émail sont inconsciemment associés, il est bon de préciser les choses. Autre raccourci prêtant à confusion que l’appellation d’émail de Genève. Qui dit émail de Genève pense souvent peinture miniature, mais l’équivalence n’est pas parfaite. La peinture miniature n’a pas été inventée à Genève, elle s’y est développée dans le sillage de l’horlogerie et les Genevois ont eu l’idée du fondant, l’émail transparent qui protège nombre d’ouvrages depuis lors (1760). Idée lumineuse pour préserver des coups et des rayures les décors réalisés sur des gardetemps devenus portables.
«En cas d’incident, le tableau n’est pas touché et il suffit de repolir le fondant pour récupérer la pièce», précise Anita Porchet. Justement défini, l’émail de Genève est de l’émail sous fondant et il n’est pas exclusivement réservé à la peinture miniature dans laquelle les émailleurs de Genève ont particulièrement excellé.
L’émail est transparent au naturel. Il se colore avec divers oxydes métalliques et se vitrifie à la cuisson, à des températures généralement supérieures à 800°. Les couleurs obtenues sont absolument inaltérables et la palette est d’une extraordinaire richesse quoique… uniquement pour ceux qui, comme Anita Porchet, ont pu se constituer un stock.
«La plupart des fabriques ont fermé leurs portes. La dernière de Genève, qui avait une gamme incroyable, a vendu ses secrets de fabrication à une entreprise allemande qui ne les a pas exploités. Sans doute a-t-on voulu entraver la concurrence. Je pense aussi que les formules ne suffisent pas, il faut un tour de main et, de nos jours, le problème se complique avec les restrictions croissantes en matière d’ingrédients chimiques. Je doute que l’on puisse un jour retrouver ce que l’on avait autrefois.
D’où l’intérêt de rechercher d’autres voies, mais pour l’instant, il n’y a pas de substitut comparable. C’est un vrai problème, surtout pour la peinture miniature dans laquelle on exploite les effets les plus subtils.
L’émail est broyé à l’extrême et, mélangé à de l’huile, il devient compact à l’instar de la peinture et on peut l’appliquer par touches minuscules. Dans les autres techniques traditionnelles, comme le cloisonné et le champlevé, l’émail n’a pas besoin d’être aussi fin. Mélangé à de l’eau, l’émail est fluide et coulé dans des cavités.
L’émaillage proprement dit est donc plus simple, mais il faut prendre en considération la préparation. »
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Bienfaits de la formation duale
«Marier la technique à l’esthétique» Vicky Rossel 21 ans, lauréate 2006 du prix Rolex du meilleur apprenti à Bienne (BE)
«Mon grand-père était horloger à Tramelan. Enfant, j’allais souvent lui rendre visite. La précision et la minutie m’ont toujours attirée. Voyant mes affinités, ma mère m’a encouragée à devenir horlogère.
Après mes études secondaires, je me suis présentée à 16 ans chez Rolex, à Bienne. J’ai commencé par étudier la pendulerie, avant de m’initier aux pièces toujours plus petites et complexes. Le réglage du spiral a été l’épreuve la plus délicate.
J’ai particulièrement apprécié le sérieux de cet apprentissage de quatre ans. Je prépare maintenant une formation complémentaire d’ingénieur en design, au Locle.» | PLB Sur la soixantaine de candidats à l’Ecole d’horlogerie de Genève en 2006, seulement 24 ont été retenus en formation à plein temps au sein de l’établissement. A l’Ecole technique de la vallée de Joux (ETVJ), des 84 personnes ayant passé l’examen d’entrée dans le secteur de l’horlogerie, seulement 17 ont intégré l’école, 10 autres ont été engagées par des entreprises qui leur assurent un enseignement pratique complémentaire à leur formation théorique scolaire. Les écoles ne font pas le dos rond en attendant la fin du cyclone.
Ainsi, l’ETVJ crée deux nouvelles options pour la rentrée 2007. Il s’agit d’une formation professionnelle accélérée et d’une formation élémentaire, sur deux ans, offrant huit places chacune.
A Genève, l’offre de formation à plein temps sera également étendue avec 12 places supplémentaires proposées pour atteindre 36 places de première année.
Mais ces efforts sont largement insuffisants. «Le nombre de places d’apprentissage offertes par les entreprises horlogères est insuffisant », déplore Daniel Favre, responsable de l’Ecole d’horlogerie de Genève.
«Les besoins en opérateurs horlogers, notamment dans le secteur du service après-vente, se chiffrent par centaines dans les sociétés membres de Swatch Group», reconnaît François Thiébaud, patron de la marque Tissot.
Lors d’une enquête publiée en septembre 2006, la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CPIH) avait estimé à près de 2200 le nombre de nouveaux professionnels à former d’ici à 2010 dans une vingtaine de métiers analysés. A la demande accrue de forces vives supplémentaires suscitée par le boom des exportations s’ajoute un manque de personnel très compétent.
Conséquence de la crise horlogère qui s’est prolongée jusqu’au milieu des années 80, les effectifs fondant de 90'000 à 30'000, la nouvelle génération ne s’est guère motivée pour des métiers dont on disait qu’ils étaient sans avenir.
Le séisme des années noires a laissé de profondes traces dans la mémoire collective. «Il est dès lors bien difficile de trouver aujourd’hui des horlogers très qualifiés, au bénéfice de vingt ans d’expérience », constate Ralph Zürcher, responsable de la formation professionnelle à la CPIH. Facteur aggravant, les marques sont toujours plus nombreuses à vouloir développer des modèles compliqués qui font appel à un personnel bénéficiant d’une très grande expérience.
L’horlogerie de luxe, qui représente les quatre cinquièmes en valeur des exportations, est assoiffée de dessinateurs constructeurs, de régleurs, d’angleurs, de graveurs, de polisseurs, etc. L’automatisation qui s’est développée depuis un quart de siècle n’a nullement remplacé le travail manuel. Des machines très complexe à commande numériques fabriquent des pièces toujours assemblées par des artisans et toujours décorées par d’authentiques artistes. L’histoire et la conjoncture ne sont toutefois pas les seules causes de la situation présente. Maintes entreprises horlogères ont négligé la formation d’apprentis, se contentant de déléguer cette tâche aux seules écoles. «Gardiennes de leurs secrets de fabrication, elles ne voulaient pas montrer aux autres ce qu’elles faisaient, ce qui n’a pas facilité l’esprit de collaboration», observe Lucien Bachelard, directeur de l’Ecole technique de la vallée de Joux.
Qui plus est, dans cette région considérée comme le berceau de l’horlogerie, les vraies manufactures capables de dispenser un enseignement complet se comptent sur les doigts d’une seule main: Audemars Piguet, Breguet, Frédéric Piguet et la puissante Jaeger- LeCoultre. Cette dernière forme actuellement 15 apprentis. Dès août 2007, elle doublera sa capacité d’accueil. La demande est énorme. Pour 4 places d’apprentissage, la manufacture du Sentier reçoit plus de 40 candidatures!
«Ce qui me passionne, dans mon métier, c’est la possibilité d’imaginer une amélioration, une nouveauté, puis de trouver la solution pour la réaliser. Avec mon équipe, nous travaillons sur la partie mécanique des montres, toujours dans le but d’en augmenter la fiabilité. Par ailleurs, nous réfléchissons aussi à l’ergonomie dans l’horlogerie, et revisitons les codes de décoration et de finition, en utilisant des matériaux plus high-tech et contemporains. Pour cela, nous pouvons observer les progrès dans d’autres domaines, comme l’automobile ou l’aéronautique, pour ensuite les appliquer dans notre secteur.» MM/largeur.com
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DU CLOISONNÉ ET DU CHAMPLEVÉ
Dans le cloisonné, les émaux sont délimités par du fil d’or et, traditionnellement, la pose est effectuée par l’émailleur. On dit communément fil, probablement pour souligner la finesse, mais en réalité, c’est une minuscule lame que l’on place à la verticale, avec un petit peu de colle végétale, sur une base d’émail transparent et qui adhère à la cuisson.
Ainsi, il est quasi impossible de dessiner des lignes droites, le fil tomberait. Si elles existent, elles sont nécessairement courtes avec des retours aux extrémités. «Il m’est arrivé de passer deux jours à structurer un dessin et d’utiliser près d’un mètre de fil sur un cadran. Dans maints cas, le travail est aussi important que l’émaillage.» A travers ce commentaire, Anita Porchet donne la mesure de la distance qui peut exister entre un cloisonné artisanal et un cloisonné réalisé par machines CNC, comme on en trouve de plus en plus.
D’ajouter cependant: «Les CNC présentent l’avantage, non négligeable, d’ouvrir le champ de la création et de produire des oeuvres irréalisables par un artisan. Pour autant, la valeur ajoutée n’est pas celle du “fait main”, de fait unique.» La réflexion s’étend au champlevé qui fait appel à la gravure. Le décor, creusé dans une plaque de métal en épargnant les contours, est obtenu à la main, par CNC ou à l’acide. La différenciation s’accentue quand on réalise des fonds sophistiqués destinés à être magnifiés sous de l’émail translucide. Mais là, on s’éloigne des strictes compétences de l’émailleur auquel il reste à attribuer le paillonné qui consiste à intégrer des motifs découpés dans une feuille d’or dans l’émail, sur de l’émail opaque et sous fondant, voire au sein d’un émail translucide.
Pas d’altrnative mécanique dans ce cas! (L'offre d'abonnement est sous l'entière responsabilité du magazine Heure, horlogerie-suisse.com ne répondra à aucune réclamation)
Emploi alors que les horlogers tiennent salon à Bâle puis à Genève, la pénurie en employés formés atteint dans la branche des sommets. Diagnostic et remèdes.
Du jamais-vu dans l’industrie horlogère suisse. Les mémoires vivantes de la branche ne se rappellent pas avoir constaté une telle offre des entreprises qui cherchent tous azimuts de quoi satisfaire une demande aussi forte. «Si je le pouvais, j’engagerais sur-le-champ cinq à dix horlogers et deux à trois graveurs», soupire Marc Alexander Hayek, petit-fils de Nicolas et responsable de la marque Blancpain.
«Trois ou quatre postes d’horloger et de prototypiste sont disponibles dans la recherche et le développement de nos mouvements d’avant-garde», constate Jean-Christophe Babin, CEO de TAG Heuer dont l’atelier d’assemblage à La Chaux-de-Fonds a vu ses effectifs passer de zéro à 25 en un an alors que celui ouvert à Sion a engagé 16 collaborateurs.
«Les personnes qualifiées manquent cruellement, se plaint de son côté Carlos Dias, fondateur et PDG de la Manufacture Roger Dubuis, à Genève. Les offres de services répondent à peine à 10% de nos besoins!» La liste des entreprises en quête de personnel semble sans fin.
Du côté des écoles, l’engouement des candidats est manifeste et les places deviennent chères. Pour 36 postes disponibles à l’Ecole technique du Locle, quelque 130 candidats se sont présentés en 2007. «Dans les années 70, rappelle Paul-André Hartmann, directeur de cette institution qui appartient au Centre intercommunal de formation des Montagnes neuchâteloises (CIFOM), on ne recensait qu’un candidat par année à l’Ecole d’horlogerie alors située à La Chauxde- Fonds.» A cette époque de profonde crise horlogère, embrasser la profession équivalait à tomber dans les bras de Yanis, déesse de la mort. Mais aujourd’hui, tous les centres de formation horlogère sont logés à la même enseigne et refusent du monde.
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Ressources à l’étranger
A Genève, dès 1980, Rolex s’est alliée à des maisons comme Chopard, Patek Philippe et Vacheron Constantin pour soutenir l’école horlogère de la place qui ne formait plus grand monde. «L’engagement par les entreprises d’apprentis formés parallèlement au sein d’une école horlogère est la meilleure formule», souligne Christian Piguet, responsable du service mondial chez Rolex.
En effet, non seulement l’apprenti horloger reçoit un CFC reconnu par tous mais il apprend son nouveau métier dans un environnement industriel particulièrement formateur. A l’issue de son stage, il a toutes les chances de rester dans la même maison.
Face à la pénurie, les entreprises horlogères ratissent large, vont chercher leurs futurs jeunes collaborateurs à l’étranger, notamment dans les écoles d’horlogerie de Besançon et de Fougères, en Bretagne. Jusqu’en Finlande
Quand il s’agit d’embaucher du personnel déjà qualifié, elles n’hésitent plus à se servir chez leurs concurrents, offrant des salaires mensuels de base à 6000 francs. Et largement plus encore, s’il faut séduire une perle rare. Les maisons faisant partie d’un grand groupe disposent d’une plus grande marge de manoeuvre. «Si un candidat pour TAG Heuer n’est pas adéquat mais convient à Zenith, deux sociétés appartenant à LVMH, je fais suivre le dossier», explique Jean-Christophe Babin. A l’instar de ses confrères, le CEO de TAG Heuer n’hésite par ailleurs pas à piocher dans la maind’oeuvre résidant en France voisine. Ses centres de production à La Chaux-de-Fonds et à Cornol emploient environ 50% de frontaliers. Les écoles fondées outre-mer par certaines grandes sociétés sont également de riches viviers. Ainsi, le Lititz Watch Technicum, géré par Rolex en Pennsylvanie, forme une douzaine d’horlogers par an, tout comme le Tokyo Watch Technicum au Japon.
Le Centre suisse de formation et de perfectionnement horloger (WOSTEP), financé par les plus grandes marques, alimente lui aussi le marché international. Et notamment le service après-vente (SAV) dont l’efficacité demeure la meilleure signature d’une marque qui entend perdurer.
A ce propos, conscient des carences du SAV de certaines entreprises et de l’ignorance de vendeurs mal formés, François Thiébaud a récemment créé un certificat de vente en horlogerie, qu’un brevet fédéral devrait prochainement officialiser.
Les entreprises qui ont su gérer leur formation sont assurément les mieux armées pour faire face à l’explosion de la demande. Quant aux autres, elles peuvent toujours bénéficier de nouvelles formules, comme celle mise en oeuvre par Yvon Chesnel, consultant interne au CIFOM.
Soucieux de «professionnaliser la formation continue», ce Breton d’origine propose des ateliers de formation technique individualisée parfaitement adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. «Les cours du soir principalement financés par l’Etat, c’est fini», estime cet expert qui veut appliquer à la branche horlogère les méthodes ayant fait leurs preuves dans d’autres secteurs industriels, comme celui de la métallurgie ou de l’automobile.
«Comme émailleur, je décore manuellement le cadran ou le boîtier d’une montre. Je procède en plusieurs étapes: tout d’abord, de fines couches d’émail sont appliquées sur le métal. Ensuite, à l’aide de petits pinceaux, je commence le dessin du motif. Cela requiert beaucoup de précision et de patience, puisqu’il s’agit de reproduire de grands tableaux (nus, paysages…) sur une surface minuscule.
Pour un boîtier, 200 heures de travail sont nécessaires, et 30 à 60 heures pour un cadran. En observant les merveilleuses pièces réalisées au cours du XVII e siècle dans les musées, j’ai eu envie de découvrir ce métier.
Hélas, il n’existe plus d’école qui propose une telle formation.» MM/largeur.com Partout, les idées fusent en vue de «muscler les effectifs sans les étendre démesurément», pour reprendre la formule de Ralph Zürcher, de la Convention patronale. Quand la bise économique viendra, inévitablement, les cigales horlogères qui se seront multipliées sans compter pourraient déchanter. Ne resteront que les prudentes fourmis, qui auront su s’organiser collectivement.
Tous nos remerciements à Alain Jeannet (rédacteur en chef de l'Hebdo) et Philippe Le Bé pour la mise à disposition de cette article fort intéressant sur la formation horlogère.
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Grand Prix Originals: gentleman driver à bord
Si vous vous tâtez pour savoir ce que vous allez porter lorsque vous êtes derrière le volant de votre belle sportive, je vous conseille d’aller faire un petit tour sur le site de la marque allemande Grand Prix Originals.
Présente sur le web et dans ses corners-shop à Düsseldorf, Stuttgart et Francfort, cette marque de vêtements, qui se base sur les tenues originales des pilotes des courses des années 60/70 et surtout sur celles de Steve McQueen, est bien moins chère que Equipaggiamenti. Cette collection, ornée des logos originaux des sponsors (licences officielles de Gulf et Tag Heuer), est habitée par les influences de la mode passée et présente et nous, on aime vraiment ça.
La lignée classique Grand Prix Originals encre ses racines à la fin des années 60 et au début des années 70, dans cette longue tradition des sports automobiles et des Grands Prix. Tout était d’une manière ou d’une autre original. Les voitures de sport mettaient encore en valeur les moteurs et les pilotes, les courses étaient ardemment disputées, souvent avec 20 changements de pilotes ou plus, tout cela avec beaucoup de traditions et d’histoires. On pilotait encore sur des circuits organiques, naturellement encastrés dans l’environnement. L’atmosphère dans les boxes, les premiers sponsors comme le maniât des montres suisses Jack W Heuer, ainsi que le public, les vêtements et les voitures de l’époque étaient d’un certain point de vue tous originaux : ils avaient du charme, du charisme et du caractère.
Le noyau fort de la pensée Grand Prix Original se fonde sur l’homme et son individualité. À la fin des années 60 régnait une atmosphère de nouveau départ dans la société qui laissa derrière elle les anciennes valeurs conservatives pour s’émanciper avec originalité. La liberté personnelle était la plus grande richesse : « anything goes » en était la devise.
Grace à Grand Prix Originals, vous pourrez ressembler aux pilotes de cette époque tels que Jim Clark, Jacky Ickx ou Jackie Stewart, individus originaux doués d’un grand talent de pilotage et avoir l’air d’appartenir aux écuries légendaires des sports mécaniques.
Le nom de Rebellion T1000 sonne un peu comme dans le film Terminator 2 où Arnold Schwarzenegger (T-800) affronte le T-1000 en métal liquide. Certains seront un peu déçus, la montre n’est pas en métal liquide et ne se transforme pas à volonté …
Le chiffre 1000 du nom de cette montre Rebellion vaut pour 1000 heures de réserve de marche. Oui, vous avez bien entendu, 1000 heures de réserve de marche. Au-delà de ce chiffre, la prouesse technique relève du défi. Ceci est rendu possible grâce au couplage de 6 barillets avec deux chaines : il y a 3 barillets de chaque coté du cadran, cachés dans le chassis. L’armage de ces ressorts se fait grâce à un levier en forme de U que l’on actionne d’avant en arrière.
Ce qu’il y a departiculier dans le mouvement de la Rebellion T1000, c’est que le train de rouage est disposé de manière verticale et non pas de manière horizontale. Le balancier-spiral, l’ancre et la roue d’échappement sont inclinés à 35° pour mieux percevoir la mécanique. L’affichage de l’heure, quant à lui, se fait au moyen de rouleaux défilant.
Du côté du design, la marque a puisé son inspiration du côté de la course automobile avec ces formes assez pures. Lancé en 2008, Rebellion est un jeune firme horlogère suisse audacieuse et indépendante basée à Lonay, sur les rives du lac Léman et spécialisée dans les montres haut de gamme. Les montres de chez Rebellion Timepieces sont fabriquées en quantité extrêmement limitée, avec des techniques de fabrication de haute précision et des mouvements exclusifs en respectant les plus hautes normes de qualités suisse.
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