« Ressources à l’étranger | Main | Bienfaits de la formation duale »

lundi, juin 11, 2018

DU CLOISONNÉ ET DU CHAMPLEVÉ

Dans le cloisonné, les émaux sont délimités par du fil d’or et, traditionnellement, la pose est effectuée par l’émailleur. On dit communément fil, probablement pour souligner la finesse, mais en réalité, c’est une minuscule lame que l’on place à la verticale, avec un petit peu de colle végétale, sur une base d’émail transparent et qui adhère à la cuisson.

Ainsi, il est quasi impossible de dessiner des lignes droites, le fil tomberait. Si elles existent, elles sont nécessairement courtes avec des retours aux extrémités. «Il m’est arrivé de passer deux jours à structurer un dessin et d’utiliser près d’un mètre de fil sur un cadran. Dans maints cas, le travail est aussi important que l’émaillage.» A travers ce commentaire, Anita Porchet donne la mesure de la distance qui peut exister entre un cloisonné artisanal et un cloisonné réalisé par machines CNC, comme on en trouve de plus en plus.

D’ajouter cependant: «Les CNC présentent l’avantage, non négligeable, d’ouvrir le champ de la création et de produire des oeuvres irréalisables par un artisan. Pour autant, la valeur ajoutée n’est pas celle du “fait main”, de fait unique.» La réflexion s’étend au champlevé qui fait appel à la gravure. Le décor, creusé dans une plaque de métal en épargnant les contours, est obtenu à la main, par CNC ou à l’acide. La différenciation s’accentue quand on réalise des fonds sophistiqués destinés à être magnifiés sous de l’émail translucide. Mais là, on s’éloigne des strictes compétences de l’émailleur auquel il reste à attribuer le paillonné qui consiste à intégrer des motifs découpés dans une feuille d’or dans l’émail, sur de l’émail opaque et sous fondant, voire au sein d’un émail translucide.

Pas d’altrnative mécanique dans ce cas! (L'offre d'abonnement est sous l'entière responsabilité du magazine Heure, horlogerie-suisse.com ne répondra à aucune réclamation)

Emploi alors que les horlogers tiennent salon à Bâle puis à Genève, la pénurie en employés formés atteint dans la branche des sommets. Diagnostic et remèdes.

Du jamais-vu dans l’industrie horlogère suisse. Les mémoires vivantes de la branche ne se rappellent pas avoir constaté une telle offre des entreprises qui cherchent tous azimuts de quoi satisfaire une demande aussi forte. «Si je le pouvais, j’engagerais sur-le-champ cinq à dix horlogers et deux à trois graveurs», soupire Marc Alexander Hayek, petit-fils de Nicolas et responsable de la marque Blancpain.

«Trois ou quatre postes d’horloger et de prototypiste sont disponibles dans la recherche et le développement de nos mouvements d’avant-garde», constate Jean-Christophe Babin, CEO de TAG Heuer dont l’atelier d’assemblage à La Chaux-de-Fonds a vu ses effectifs passer de zéro à 25 en un an alors que celui ouvert à Sion a engagé 16 collaborateurs.

«Les personnes qualifiées manquent cruellement, se plaint de son côté Carlos Dias, fondateur et PDG de la Manufacture Roger Dubuis, à Genève. Les offres de services répondent à peine à 10% de nos besoins!» La liste des entreprises en quête de personnel semble sans fin.

Du côté des écoles, l’engouement des candidats est manifeste et les places deviennent chères. Pour 36 postes disponibles à l’Ecole technique du Locle, quelque 130 candidats se sont présentés en 2007. «Dans les années 70, rappelle Paul-André Hartmann, directeur de cette institution qui appartient au Centre intercommunal de formation des Montagnes neuchâteloises (CIFOM), on ne recensait qu’un candidat par année à l’Ecole d’horlogerie alors située à La Chauxde- Fonds.» A cette époque de profonde crise horlogère, embrasser la profession équivalait à tomber dans les bras de Yanis, déesse de la mort. Mais aujourd’hui, tous les centres de formation horlogère sont logés à la même enseigne et refusent du monde.

voir plus montres copie et Rolex Daytona II montre
Posted by Ulysse Nardin Montre at 2:10 PM
Categories: