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lundi, juin 11, 2018
Bienfaits de la formation duale
«Marier la technique à l’esthétique» Vicky Rossel 21 ans, lauréate 2006 du prix Rolex du meilleur apprenti à Bienne (BE)
«Mon grand-père était horloger à Tramelan. Enfant, j’allais souvent lui rendre visite. La précision et la minutie m’ont toujours attirée. Voyant mes affinités, ma mère m’a encouragée à devenir horlogère.
Après mes études secondaires, je me suis présentée à 16 ans chez Rolex, à Bienne. J’ai commencé par étudier la pendulerie, avant de m’initier aux pièces toujours plus petites et complexes. Le réglage du spiral a été l’épreuve la plus délicate.
J’ai particulièrement apprécié le sérieux de cet apprentissage de quatre ans. Je prépare maintenant une formation complémentaire d’ingénieur en design, au Locle.» | PLB Sur la soixantaine de candidats à l’Ecole d’horlogerie de Genève en 2006, seulement 24 ont été retenus en formation à plein temps au sein de l’établissement. A l’Ecole technique de la vallée de Joux (ETVJ), des 84 personnes ayant passé l’examen d’entrée dans le secteur de l’horlogerie, seulement 17 ont intégré l’école, 10 autres ont été engagées par des entreprises qui leur assurent un enseignement pratique complémentaire à leur formation théorique scolaire. Les écoles ne font pas le dos rond en attendant la fin du cyclone.
Ainsi, l’ETVJ crée deux nouvelles options pour la rentrée 2007. Il s’agit d’une formation professionnelle accélérée et d’une formation élémentaire, sur deux ans, offrant huit places chacune.
A Genève, l’offre de formation à plein temps sera également étendue avec 12 places supplémentaires proposées pour atteindre 36 places de première année.
Mais ces efforts sont largement insuffisants. «Le nombre de places d’apprentissage offertes par les entreprises horlogères est insuffisant », déplore Daniel Favre, responsable de l’Ecole d’horlogerie de Genève.
«Les besoins en opérateurs horlogers, notamment dans le secteur du service après-vente, se chiffrent par centaines dans les sociétés membres de Swatch Group», reconnaît François Thiébaud, patron de la marque Tissot.
Lors d’une enquête publiée en septembre 2006, la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CPIH) avait estimé à près de 2200 le nombre de nouveaux professionnels à former d’ici à 2010 dans une vingtaine de métiers analysés. A la demande accrue de forces vives supplémentaires suscitée par le boom des exportations s’ajoute un manque de personnel très compétent.
Conséquence de la crise horlogère qui s’est prolongée jusqu’au milieu des années 80, les effectifs fondant de 90'000 à 30'000, la nouvelle génération ne s’est guère motivée pour des métiers dont on disait qu’ils étaient sans avenir.
Le séisme des années noires a laissé de profondes traces dans la mémoire collective. «Il est dès lors bien difficile de trouver aujourd’hui des horlogers très qualifiés, au bénéfice de vingt ans d’expérience », constate Ralph Zürcher, responsable de la formation professionnelle à la CPIH. Facteur aggravant, les marques sont toujours plus nombreuses à vouloir développer des modèles compliqués qui font appel à un personnel bénéficiant d’une très grande expérience.
L’horlogerie de luxe, qui représente les quatre cinquièmes en valeur des exportations, est assoiffée de dessinateurs constructeurs, de régleurs, d’angleurs, de graveurs, de polisseurs, etc. L’automatisation qui s’est développée depuis un quart de siècle n’a nullement remplacé le travail manuel. Des machines très complexe à commande numériques fabriquent des pièces toujours assemblées par des artisans et toujours décorées par d’authentiques artistes. L’histoire et la conjoncture ne sont toutefois pas les seules causes de la situation présente. Maintes entreprises horlogères ont négligé la formation d’apprentis, se contentant de déléguer cette tâche aux seules écoles. «Gardiennes de leurs secrets de fabrication, elles ne voulaient pas montrer aux autres ce qu’elles faisaient, ce qui n’a pas facilité l’esprit de collaboration», observe Lucien Bachelard, directeur de l’Ecole technique de la vallée de Joux.
Qui plus est, dans cette région considérée comme le berceau de l’horlogerie, les vraies manufactures capables de dispenser un enseignement complet se comptent sur les doigts d’une seule main: Audemars Piguet, Breguet, Frédéric Piguet et la puissante Jaeger- LeCoultre. Cette dernière forme actuellement 15 apprentis. Dès août 2007, elle doublera sa capacité d’accueil. La demande est énorme. Pour 4 places d’apprentissage, la manufacture du Sentier reçoit plus de 40 candidatures!
«Ce qui me passionne, dans mon métier, c’est la possibilité d’imaginer une amélioration, une nouveauté, puis de trouver la solution pour la réaliser. Avec mon équipe, nous travaillons sur la partie mécanique des montres, toujours dans le but d’en augmenter la fiabilité. Par ailleurs, nous réfléchissons aussi à l’ergonomie dans l’horlogerie, et revisitons les codes de décoration et de finition, en utilisant des matériaux plus high-tech et contemporains. Pour cela, nous pouvons observer les progrès dans d’autres domaines, comme l’automobile ou l’aéronautique, pour ensuite les appliquer dans notre secteur.» MM/largeur.com
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