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lundi, juin 11, 2018

Ressources à l’étranger

A Genève, dès 1980, Rolex s’est alliée à des maisons comme Chopard, Patek Philippe et Vacheron Constantin pour soutenir l’école horlogère de la place qui ne formait plus grand monde. «L’engagement par les entreprises d’apprentis formés parallèlement au sein d’une école horlogère est la meilleure formule», souligne Christian Piguet, responsable du service mondial chez Rolex.

En effet, non seulement l’apprenti horloger reçoit un CFC reconnu par tous mais il apprend son nouveau métier dans un environnement industriel particulièrement formateur. A l’issue de son stage, il a toutes les chances de rester dans la même maison.

Face à la pénurie, les entreprises horlogères ratissent large, vont chercher leurs futurs jeunes collaborateurs à l’étranger, notamment dans les écoles d’horlogerie de Besançon et de Fougères, en Bretagne. Jusqu’en Finlande

Quand il s’agit d’embaucher du personnel déjà qualifié, elles n’hésitent plus à se servir chez leurs concurrents, offrant des salaires mensuels de base à 6000 francs. Et largement plus encore, s’il faut séduire une perle rare. Les maisons faisant partie d’un grand groupe disposent d’une plus grande marge de manoeuvre. «Si un candidat pour TAG Heuer n’est pas adéquat mais convient à Zenith, deux sociétés appartenant à LVMH, je fais suivre le dossier», explique Jean-Christophe Babin. A l’instar de ses confrères, le CEO de TAG Heuer n’hésite par ailleurs pas à piocher dans la maind’oeuvre résidant en France voisine. Ses centres de production à La Chaux-de-Fonds et à Cornol emploient environ 50% de frontaliers. Les écoles fondées outre-mer par certaines grandes sociétés sont également de riches viviers. Ainsi, le Lititz Watch Technicum, géré par Rolex en Pennsylvanie, forme une douzaine d’horlogers par an, tout comme le Tokyo Watch Technicum au Japon.

Le Centre suisse de formation et de perfectionnement horloger (WOSTEP), financé par les plus grandes marques, alimente lui aussi le marché international. Et notamment le service après-vente (SAV) dont l’efficacité demeure la meilleure signature d’une marque qui entend perdurer.

A ce propos, conscient des carences du SAV de certaines entreprises et de l’ignorance de vendeurs mal formés, François Thiébaud a récemment créé un certificat de vente en horlogerie, qu’un brevet fédéral devrait prochainement officialiser.

Les entreprises qui ont su gérer leur formation sont assurément les mieux armées pour faire face à l’explosion de la demande. Quant aux autres, elles peuvent toujours bénéficier de nouvelles formules, comme celle mise en oeuvre par Yvon Chesnel, consultant interne au CIFOM.

Soucieux de «professionnaliser la formation continue», ce Breton d’origine propose des ateliers de formation technique individualisée parfaitement adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. «Les cours du soir principalement financés par l’Etat, c’est fini», estime cet expert qui veut appliquer à la branche horlogère les méthodes ayant fait leurs preuves dans d’autres secteurs industriels, comme celui de la métallurgie ou de l’automobile.

«Comme émailleur, je décore manuellement le cadran ou le boîtier d’une montre. Je procède en plusieurs étapes: tout d’abord, de fines couches d’émail sont appliquées sur le métal. Ensuite, à l’aide de petits pinceaux, je commence le dessin du motif. Cela requiert beaucoup de précision et de patience, puisqu’il s’agit de reproduire de grands tableaux (nus, paysages…) sur une surface minuscule.

Pour un boîtier, 200 heures de travail sont nécessaires, et 30 à 60 heures pour un cadran. En observant les merveilleuses pièces réalisées au cours du XVII e siècle dans les musées, j’ai eu envie de découvrir ce métier.

Hélas, il n’existe plus d’école qui propose une telle formation.» MM/largeur.com Partout, les idées fusent en vue de «muscler les effectifs sans les étendre démesurément», pour reprendre la formule de Ralph Zürcher, de la Convention patronale. Quand la bise économique viendra, inévitablement, les cigales horlogères qui se seront multipliées sans compter pourraient déchanter. Ne resteront que les prudentes fourmis, qui auront su s’organiser collectivement.

Tous nos remerciements à Alain Jeannet (rédacteur en chef de l'Hebdo) et Philippe Le Bé pour la mise à disposition de cette article fort intéressant sur la formation horlogère.

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Posted by Ulysse Nardin Montre at 2:10 PM
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